Coluche, président !

Publié: 28 juin 2006 dans Actualités et politique
La Raison
 
          En février 1980, Coluche est embauché par RMC car la station monégasque serait en perte de vitesse. Il cartonne : Radio Monte-Carlo double son audience en quelques jours. Seulement son humour ne plait pas à tout les "retraités" de Monaco, qui inondent la station de lettres et coups de fils. La Royauté a-t’elle fait pression sur la direction de RMC ?
 
Après seulement une semaine passée à l’antenne, Coluche est remercié.
 
L’idée folle
 
Coluche n’aprécie guerre. S’il y a bien une chose qu’il déteste par-dessus tout, c’est que l’on bâillonne. Son ami le cinéaste Romain Goupil, lui suggère de se présenter à la présidence de la République. Ainsi, il ne pourra pas passer inaperçue.
Coluche trouve l’idée géniale. Pendant des mois, il va préparer un programme avec Romain Goupil et Jean-Michel Vaguelsy son secrétaire.
 
Les 16%
 
         14 décembre 1980, un sondage paru dans le Journal du Dimanche crédite Coluche de de 16% d’intention de votes.
 
Ce qui vn’était pour l’humoriste qu’une farce, va se transformer en "un comité de soutien à la candidature de Coluche".
 
La peur de Mitterand
 
            Pour le PS et son candidat, François Mitterand, la situation est dramatique. En effet, un sondage paru dans le Quotidien de Paris donne largement Valérie Giscard d’Estaing vainqueur avec 32% des voix, François Mitterand n’obtient que 18% des suffrages, et quant à Coluche il se stabilise à 12, 5%.
 
Coluche gêne F. Mitterand, mais il peut aussi l’aidé. Mrs Gérard Colé et Jean Glavany sont envoyés par le gauchiste pour proposé à Coluche de se joindre à eux. Celui-ci a beau être un homme de gauche, il se méfie. Coluche refuse les propositions de Mrs G. Colé et J. Glavany, Mittérand a échoué.
 
Anecdote : Coluche enregistre avec un magnétophone toutes ses conversations téléphoniques.
 
Le Président Giscard tremble
 
          Mais pour Coluche, F. Mitterand n’est pas quelqu’un de gênant. Il veut s’attaquer au "Gros morceau". Et le "Gros morceau", c’est Valéry Giscard d’Estaing.
Depuis le début de la campagne, Coluche ne cesse de critiquer le Président en exercice. Même si celui-ci est sûr de gagner, son image est fragile. Coluche pourrait ridiculiser le Président Giscard avec une affaire révélée par le Canard Enchaîné en 1979 : les diamants de Bokassa, le plus gros scandai du septennat.
 
Mr. Giscard ne peut encourir ce risque, on va "museler" Coluche.
 
La censure
 
            A l’époque, les 3 chaînes de télévision (TF1, Antenne 2 et FR3) ainsi que le plus grand réseau radiophonique français (Radio-France) sont des organismes publics, avec des directeurs choisis par le pouyoir en place.
 
Deux exemples suffisent pour comprendre que cette consigne a été suivie à la lettre…
 
  • Novembre 1980 : à quelques jours d’une intervention de Coluche sur Radio7, le directeur de Radio-France demande au directeur d’antenne de cette station d’annuler purement et simplement la diffusion de l’émission concernée. Scandalisé le directeur de Radio7 démissionne.

·     Décembre 1980 : Collaro-Show (émission présenté, comme son nom l’indique, par Stéphane Collaro) est l’émission comique la plus populaire en France. Stéphane Collaro invite Coluche pour lui offrir « un espace de liberté », celui-ci en profite pour concocter un sketch sur un des conseil des Ministres (avec à sa tête un Président porté sur la bouteille) où il n’hésite pas à régler ses comptes avec Valery Giscard D’Estaing, en haut lieu on ne supporte pas. Quelques heures avant la diffusion de l’émission, la direction d’Antenne 2 appelle Stéphane Collaro pour lui dire que l’émission ne doit pas comporter le sketch de Coluche. Fou de rage, Collaro déclare à son supérieur « Si vous ne passez un sketch de Coluche, l n’y a pas d’émission… » La réponse de la direction ne se fait pas attendre : « Mais monsieur il n’y a pas de problème, il n’y a pas d’émission ! »

 

Le début des menaces

 

         Malgré la censure, la popularité de Coluche se confirme et persiste.

Mr. Giscard aurait alors confié, via Mr. Christian Bonnet (son ministre de l’intérieur) une mission "détruire politiquement" Coluche.

Pendant des mois, un groupe de Renseignement Généraux, le groupe Douvé aurait épié le comique avec des écoutes téléphoniques…

R. Goupil témoigne : "Un camion avec des fenêtres et des rideaux, qui reste stationner dans une rue de Paris pendant 4 mois sans avoir de  contravention, c’est un peu louche !"

 

Mais ce n’est pas tout, les R.G. auraient transmis à la presse des dossiers sur les "erreurs de jeunesse" de Coluche. Ainsi l’Express du 27 juin 1980 publie "La vraie nature de Coluche", un article révélant que celui-ci a été condamné à 3 000 F d’amende pour outrage à agent de la force publique.

 

Coluche : attention à la mort

 

               Un événement va précipiter la descente de Coluche :

 

La police retrouve le cadavre de René Gorlin, régisseur de Coluche depuis 6 ans, abattu de 2 balles dans la nuque. L’enquête conduira à un crime passionnel, la police n’a-t-elle rien dit à Coluche,

le laissant supposer que cet assassinat était directement lié à sa candidature ?

 

2 jours plus tard, Coluche reçoit une lettre dont les mots ont été découpés dans un journal.

Le texte est édifiant : « COLUCHE : ATTENTION A LA MORT ! »

Il reçoit également des appels téléphoniques dont un qui fait froid dans le dos l’interlocuteur lui dit que « SA PASSION POUR LES DEUX ROUES POURRAIT LUI ÊTRE FATALE. » et que

« IL POURRAIT DÉRAPER MÊME SUR CHAUSSÉE SÈCHE. »

 

Malheureusement, la coïncidence fera que, 5 ans plus tard, il décédera d’un accident de moto…

 

Coluche se retire

               Ecoeuré par les pressions exercées, Coluche réunit une centaine de journalistes le 6 avril 1981, à un mois du scrutin, pour leur annoncer qu’il se retire car « il ne trouve plus ça drôle alors s’il n’en rit plus, comment vé-t-il faire pour faire rire les autres ? »

 

Épilogue

               Mai 1981, François Mitterrand est élu Président de la République. Celui qui n’était crédité que de 18% d’intention de votes l’emporte sur Valéry Giscard D’Estaing.

Coluche n’est pas étranger à cette victoire, en effet ses voix se sont reportées en partie sur le candidat du PS.

 M. Giscard quitte l’Elysée avec son fameux « Au revoir ».

 

© Jamil Zaïani

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commentaires
  1. cid dit :

    slt merci pour ton com!bien ton article !c vrai mitterand a tiré la gueule surtout que le premier surpris ce fut coluche!et oui la soit disante  mort accidentelle de coluche!moi j’y crois pas trop!il en savait trop dc niveau politique il fallait qu’il degage!voila mais bon nombre de gens on gardés son humour de cet homme au grand coeur !bien realisé ton billet!ca fait plaisir !a plus!bon soirée

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