« La saga Ben Laden »

Publié: 28 juin 2006 dans Actualités et politique

          Le fondamentalisme actuel est une politisation de la religion puisque les croyances, les rites et les usages fondamentaux n’accrochent plus sur le monde moderne.

L’Occident Qui s’introduit, qu’on le veuille ou non, dans les univers traditionnels, démolit leurs équilibres. Les Américains et la CIA, qui avaient en main toutes les pièces du puzzle pour prévoir une attaque possible, ont sous-estimé la modernité et la technicité de Ben Laden. Ils ont supposé que les attaques contre l’Amérique ne pouvait avoir lieu que dans les pays du tiers-monde, et que l’organisation de Ben Laden était composée pour moitié de ploucs incultes et  pour une autre moitié de mystiques fanatiques illuminés. Or aujourd’hui, les terrorises sont parfaitement adaptés à la modernité. Les fanatiques sont souvent des diplômés bon chic bon genre. Prenons un exemple : 75% des membres du GIA algérien ont un bac + 3. Bref, Ben Laden n’a pas agi en prophète moyenâgeux, mais en chef de milice techniquement organisée. Il n’y a rien de primitif.

Le 11 septembre 2001 :

        Les trois-quarts de la de la planète ont été plutôt satisfaits de la chute des Twin Towers. Cela vaut évidemment pour les musulmans dans l’ensemble, mais aussi pour toute l’Amérique latine, etc. Ils se sont félicités du bon tour joué à la toute puissance, à l’arrogance des Etats-Unis. Au point même qu’un pays qui fait partie des l’occident désormais, comme le Japon, a applaudi aux déclarations de Ben Laden affirmant qu’il avait puni ceux qui avaient lancé la bombe sur Hiroshima. Contrairement à l’hypothèse qu’il s’agit de fanatisme islamistes, point final, tout cela prouve que le phénomène est beaucoup plus universel. Comme l’a dit Ben Laden « l’acte terroriste parle tout seul, et même un Chinois peut le comprendre ». Apparemment, Ben Laden considère les Chinois comme des barbares absolus.

Ben Laden a l’air parfaitement rationnel. Ce qu’il calcule, c’est la destruction. Il s’agit là d’un mouvement général qui mêle calcul et sentiment. Ben Laden, en tout cas, est un calculateur. Il perçoit parfaitement que, dans le monde moderne, les rapports de force sont devenus des rapports de nuisance, pour tout le monde. Les grandes nations européennes se sont construites en s’opposant aux autres. Aujourd’hui, c’est vrai, la puissance de nuisance est beaucoup plus importante que la puissance de construction. Donc la possibilité d’un Ben Laden ne se cantonne pas aux cavernes de l’Afghanistan. Elle tient à la rencontre entre la volonté de détruire d’en haut, et les déphasés d’en bas.

N’oublions pas que l’hebdomadaire allemand Del Spiegel avait pu obtenir en octobre les procès-verbaux de l’audition de deux terroristes. Leurs aveux ont permis d’avoir un aperçu plus précis de la façon dont avait été conçue puis préparée, en Afghanistan, en Allemagne, aux Etats-Unis et même un peu en Espagne, l’action la plus spectaculaire d’Al-Qaida porte comme nom de code : opération « Porche 911 ». Un nom de voiture allemande évoquant le sport et le luxe, pour une action qui restera comme une tache dans l’histoire de l’humanité.

© Jamil Zaïani

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