Il était une fois… 20 ans de NBA par les Beat writters américains !!

Publié: 6 janvier 2011 dans Actualités et politique, Interview Choc !, Sport

Deux des plus populaires journalistes que l’on appelle “beat writters”, ont pris de leur très précieux temps pour répondre à nos questions. Ces grands reporters qui côtoient les supporters NBA au quotidien depuis plus de 20 ans sont les placés pour analyser l’évolution du basket US. Ce sont des acteurs majeurs du circuit et leur avis compte. Ils vous l’offrent !

Premier de la classeMondial Basket : Vingt ans après, quels souvenirs gardez-vous du premier titre de Michael Jordan ?

Jack McCallum : Ce dont je me souviens le plus, c-est l’émotion de Michael et sa réaction avec son père. J’étais juste à côté dans le vestiaire quand ils se sont embrassés.

Ian Thomsen : Mon sentiment est qu’il avait très dur pour reporter cette bague et que ce processus a fait de le vrai champion de la NBA. Si Michael avait remporté le titre dès sa première saison ou lors de la deuxième, aurait-il pu devenir l’acteur dominant de l’époque moderne ? C’est une question intéressante. Mon opinion est que les années de frustrations et les critiques qu’il a entendues à chaque fois que son équipe a échoué l’ont contraint à atteindre un niveau d’engagement supérieur, il était déjà le joueur le plus talentueux. Avec ces sept années sans titre, il est également devenu le plus affamé. Ces choses sont parues évidentes au cours des play-offs 1991, quand les Bulls ont commencé à dominer la Ligue. Tout à coup aucun adversaire ne pouvait plus les atteindre. C’est là qu’il devenait évident que l’ère Michael Jordan s’ouvrait.


Premier de la classeM.B : Imaginez-vous, après ce premier titre, que sa carrière serait si exceptionnelle ?

J.M : Sa carrière a toujours été exceptionnelle, je savait que ça le propulserait vers un autre niveau.

I.T : Est-ce que je pensait qu’il en gagnerait six ? Je ne résonne pas en ces termes. Après son premier titre, je me suis demandé qui arriverait à le battre. Oublions ces deux années de courte retraite (ndlr : 1994-95) : personne n’a été capable de le battre en play-offs en tant que Bull.


Premier de la classeM.B : En quoi l’homme et le joueur sont-il différents ? Ses victoires ont-elles fait de lui un autre homme ?

J.M : Michael est un peu plus modéré quand tu lui parles. Mais si tu le défies sur quelque chose, même un tout petit truc, il ne lâchera pas. En, ce sens, “the private man” est comme “the public man”.

I.T : Il s’est toujours comporté comme un champion, un chef de file du basket. Il était à l’aise sous les projecteurs, il a été un exemple pour tous les joueurs jusqu’à aujourd’hui. Il leur a montré la façon dont un champion se comporte et le niveau d’excellence qu’on attend d’eux quand ils apparaissent en public. Les titres ont légitimé le personnage Jordan mais ne l’ont pas changé.


Premier de la classeM.B : Durant cette période, le jeu a évolué. Était-ce naturel ? Un besoin ? Un souhait ?

J.M : Les trois à la fois. La NBA a changé parce qu’elle état moribonde. Toutes les superstars le savaient. Voilà pourquoi le boom s’est produit. Ce groupe – Michael, Magic, Larry (Bird), Kevin McHale, Do Wilkins, Pippen, Dumars, (David) Robinson, Ewing, Mullin, Stockton, Barkley… – était si bon que le jeu a évolué naturellement.

I.T : A mon avis, le jeu ne s’est pas amélioré durant l’ère Jordan. Mike était si charismatique et spectaculaire que les gens n’ont pas vu les défauts qui se sont développés dans le basket NBA. Jusqu’à son départ de Chicago, la Ligue a été trop dépendante de la défense et du jeu d’isolement. Après quelques années, la NBA a modifié ses règles pour autoriser sa version de la défense en zone. Les équipes ont été contraintes d’aller d’un bout à l’autre du parquet plus rapidement. Cela a encouragé les joueurs à prendre des tirs rapides avant que la défense ne se mette en demi-terrain. Ce n’était pas un changement naturel, il a été créé par les règles. Et cela se serait produit plus tôt si Michael Jordan n’était pas aussi fort en un contre un. Son jeu et son succès ont marqué tout ce qui n’avait pas dans le basket pratiqué en HBA.


Premier de la classeM.B : A votre avis, Kobe Bryant est-il le fils naturel Michael Jordan et pourquoi ?

J.M : Oui, c’est le basketteur le plus proche de lui en termes de taille, de style d’envie de gagner.

I.T : Au cours de la deuxième saison de Kobe, j’ai écris un article sur lui pour “Sports Illlustrated”. Ce qui m’a frappé à ce moment là, c’est combien il ressemblait à Jordan. La façon dont il avait copié quelques-uns des tics de Michael. Il avait grandi avec cet exemple et voulais gagner autan de titres que lui. Les différences ? Jordan est un peu plus grand et c’est la raison pour laquelle il a été meilleurs marqueur autour du panier, en particulier au point bas. Bryant a du travailler son tir en particulier le shoot à 3 points. Je ne pense pas que Kobe puisse dominer individuellement mais il peut encore gagner plus de bagues. A mon sens, il a quand même plus de talent autour de lui que Michael n’en avait à Chicago.


Premier de la classeM.B : Quels ont été vos relations avec les superstars$ au fil des ans ?

J.M : Je suis en train d’écrire un livre sur la”Dream Team” 20 ans après. Je donnerai tous les détails dans ce livre qui sortira en 2012. S’il vous plaît, achetez-le ! Plus sérieusement, j’avais de bonnes relations avec la majorité de ces gars parce qu’ils comprenaient la nécessité et l’importance qu’on leur faisait. Ils comprenaient aussi que tout ce qui était écrit à leur sujet ne soit pas forcément positif. Ils comprennent pourquoi. Les gars d’aujourd’hui ne comprennent pas cela…

I.T : J’ai d’excellentes relations avec de nombreux joueurs mais il serait faux de dire que je suis très avec l’un d’eux en particulier. Il y a 20, 30 ou 40 ans, il était probable que les journalistes et les joueurs deviennent des amis proches mais on vit une autre époque. Je suis à l’aise avec les relations que joueurs et moi entretenons. Shaquille O’neal est un joueur qui aime plaisanter. Je mesure 2 m et je suis chauve. Parfois, il aime embrasser mon haut de crâne/… Il y a quelques années, il m’a donné un grand ‘Bear hug”. Un collègue m’a dit : Quand Shaq t’étreint, tu disparais à l’intérieur de lui…”. C’était quelque chose de rare parce qu’il n’y a personne d’autre comme Shaq dans la Ligue.


Premier de la classeM.B : Êtes-vous nostalgique des années 90 ? Rêvez-vous encore de cette période fantastique quand vous regardez des matchs aujourd’hui

J.M : J’essaie de ne pas trop y penser. Je sais que j’ai été chanceux de couvrir des matchs au meilleur moment. Cette joie sera exprimée dans mon livre

I.T : Pour moi, le meilleur moment des année 90, c’est quand je travaillais en Europe en tant que chroniqueur sportif pour le “International Heraod Tribune”. J’ai vécu ç la naissance de la “Dream Team” à Barcelone et j’ai mesuré les effets que cela avait sur le sport au niveau international. Je pense que les meilleurs choses qui soient arrivées au basket dans les années 90 se sont déroulées en Europe, un continent qui a commencé à réaliser son potentiel. En NBA, les années 90 ont été dominées par un grand champion qui avait masqué des problèmes qui se seraient révélés, s’il était parti. Les matchs qui me manquent le plus sont les affrontements Lakers-Celtics des années 1980. Il y avait énormément de grandes équipes dans cette décennie : Lakers, Celtics, Sixers, Pistons, Rockets, Bucks… Le salary cap était nouveau, donc ça n’empêchait pas les équipes de recruter. Pour moi, les années 80 sont le véritable âge d’or.


Premier de la classeM.B : Quel est le plus beau jeu que vous ayez vu ? Le meilleur math, la plus grosse erreur ?

J.M : Le meilleur match pour moi, c’est le fameux Larry Bird-Dominique Wilkins au Boston Garden lors des play-offs 1988, en demi-finales de Conférence . La plus grosse bêtise ? Isiah Thomas qui se fait intercepter par Larry Bird. Cela offre à Dennis Johnson et permet au Celtics de battre les Pistons dans la finale de Conférence 1987.

I.T : Le meilleur basket a été joué par les Celtics en 1985-86 et les Lakers en 1986-87, lorsque Bird et Magic étaient au sommet de leur art et entourés de la meilleure équipe. Le meilleur match que j’ai vu. C’était le Game 2 Boston-Chicago au 1er tour des play-offs 1986. Celui des 63 points de Michael Jordan, avec une double prolongation. Rencontre remportée 135-131 par les Celtics. Dans le vestiaire, j’ai entendu Bird dire : “Je pense que c’est Dieu déguisé en Michael Jordan.” La pire erreur a été la passe raté par Isiah Thomas à 5 secondes de la fin du Match 5 de la finale de Conférence Est 1987. Au lieu de demander un timeout, il se fait intercepter par Larry Bird qui transmet à Dennis Johnson pour un lay-up et une victoire 108-107 de Boston. J’étais assis le long du terrain, derrière le panier des Celtics. Quand Johnson a marqué, c’était comme regarder 15000 lampes exploser. Le lendemain, j’étais à l’aéroport de Boston. J’attendais d’embarquer sur un vol à destination de Détroit. A cette époque, les équipes prenaient des lignes régulières. Quand Bird est arrivé, tout le monde s’est arrêté et l’a applaudi.


Premier de la classeM.B : Quels sont vos meilleurs souvenirs concernant la Dream Team 1992 ? Puis les autres équipes USA Basketball ?

J.M : Mon meilleur souvenir, c’est quand ils entrèrent sur lie terrain ensemble pour la première fois, à Portland, pour le tournoi qualificatif. Leurs adversaires cubains s’arrêtèrent de s’échauffer et commencèrent à prendre des photos. Pour les autres équipes, je n’ai pas de souvenirs particuliers.

I.T : Mon meilleur souvenir est Scottie Pippen et Michael Jordan se relayant pour arrêter Toni Kukoc qui venait de signer un contrat à Chicago pour un salaire plus élevé que celui de Pippen, pourtant deux fois champion avec les Bulls. J’étais à la finale de 1996 à Atlanta. Quatre ans seulement après le sacre de la très intimidante “Dream Team” originelle, l’équipe de Yougoslavie, emmenée par Sasha Gjorgjevic, est restée en contact jusqu’en deuxième mi-temps. C’était un signal fort qui témoignait de la rapidité avec laquelle le reste du monde avait comblé une partie du fossé.


Premier de la classeM.B : Quelle est votre vision globale de la NBA aujourd’hui ?

J.M : La chine et les anciens pays de l’U.R.S.S. seront les frontières de David Stern. Le jeu en Europe n’a pas progressé comme je pensais qu’il le ferait, en partie à cause des infrastructures des salles, un problème plus épineux que je ne l’imaginais. J’aimerais voir des équipes NBA en Europe mais je ne vois pas cela arriver faute de salles majeures.

I.T : La NBA sera influencée par l’Europe, l’Europe sera plus athlétique et explosive. C’est un mariage prometteur. David Stern rêve d’implanter cinq franchise NBA en Europe pour créer une division qui participera pleinement à la saison régulière et aux play-offs. C’est une possibilité mais je doute que cela se produise. L’issue la plus probable, je crois, c’est un changement dans la façon dont la télévision retransmet les matchs de NBA. Il s’agira pour elle d’avoir tous ses matchs télévisés dans n’importe quel marché, à tout moment. Lorsque le transmetteur diffusera via Internet et que le nombre de chaînes ne sera pas limité, le besoin d’implanter des franchises en Europe se fera moins sentir. Je pense que la NBA préviligera un partenariat avec l’Euroleague afin que les joueurs soient transférés dans les deux sens. Ils passeront d »une ligue majeur en Amérique du Nord à une lique mineure sur le Vieux Continent et inversement. Je crois que ce partenariat est plus envisageable que l’implantation d’équipes NBA en Europe : il permettrait à la League de développer le basket en utilisant le système de clubs existant sur le Vieux Continent plutôt que d’exporter des équipes dont l’existence pourrait endommager le système.


Premier de la classeM.B : Pensez-vous que la saison régulière est trop longue ? Le All-Star Game doit-il changer de formule ?

J.M : Oui, la saison régulière est trop longue mais cela ne changera pas tant que les joueurs n’accepteront pas de diminuer leur salaire, ce qu’ils ne feront jamais. Je déteste le All-Star week-end mais ça aussi, ça ne changera jamais.

I.P : La saison est trop longue mais on ne peut pas changer pour changer ça. Changer, c’est faire accepter aux différents acteurs de toucher moins d’argent et en Amérique, c’est pas possible ! je souhaite que le Ali-Star Game devienne une opposition internationale, comme dans la Ryder Cup. Une équipe de stars américaines affronterait une équipe réunissant les du reste du monde. Là, le All-Star Game pourrait devenir intéressant.

Premier de la classeM.B : Avec ses onze bagues, Phil Jackson est-il maintenant plus un Laker qu’un Bull ?

J.M : Hmm, excellente question ! Depuis qu’il est avec une fille de Los Angeles, je dirai un Laker.

I.T : Phil Jackson est Phil Jackson. Il est au-dessus de toute affiliation. Il est la 31è franchise NBA !

Premier de la classeM.B : Que pensez-vous de la nouvelle génération en NBA ?

J.M : J’aime les jeunes point guards, Derrick Rose, Russel Westbrook, John Wall… Je n’aime pas les gros malabars

I.T : Je n’aime pas les grosses sommes d’argent versées à des joueurs en fonctions des promesses qui laissent entrevoir. Ils sont élevés dans un système qui les traite comme des étoiles à un jeunes âge et les décourage de pratiquer les fondamentaux. Je n’aime pas ça. Je pense que la convention collective va résolument modifier le paysage de la NBA et dépouiller les joueurs de bon nombres de garanties financières. Ce sera une nouvelle ère. Et la fin de celle entamée par Mag ic Johnson et Larry Bird il y a 30 ans.


Premier de la classeM.B : Cet été, la carte NBA a été redessiné, comment voyez-vous l’avenir ? Le « Big Three »Jordan-Pippen-Rodman peut-il être comparé au trio James-Wade-Bosh ?

J.M : Le « Big Three » de Miami ne sera jamais aussi bon défensivement que celui des Bulls. Jamais. Ces équipes pouvait t’empêcher de marquer et te flinguer.

I.T : Ce qui caractérisait le trio des Bulls, c’est la discipline et la ténacité  té. Dwyane Wade est le seul membre du trio de Miami à avoir montré de la ténacité jusqu’à présent. Le « Big Three » doit grandir et entrer dans le cœur des gens avant d’être comparé aux vieilles étoiles de Chicago. Je pense que le « Mega 3 » peut gagner avec la manière mais c’est quelque chose qu’il doit prouver. En état, il ne mérite pas d’être comparé avec les grandes équipes de Chicago.

Premier de la classeM.B : Pour terminer, que pensez-vous des joueurs français en NBA ?

J.M : Qui n’aime pas Tony Parker ? J’ai passé une année, accrédité comme assistant coach, à écrire un livre sur les Suns (ndlr : « Seven seconds or less : My seaon on the bench and gunnin’ Phœnix Suns », quand Boris Diaw jouait. C’est un gars vraiment bien.

I.T : Leur talent individuel est étonnant. Leurs performances pour l’équipe de France sont décevantes.

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